• Le syndrome de la feuille noire

    Je voulais écrire sur le vide. Mais rien ne venait. Alors quoi?
    Comment faire passer le message, cette fois? Je n'ai pas de message à faire passer. Une tornade de vide, ce n'est déjà plus du vide, c'est une tornade.

    Les allégories de fonctionnent pas. Les métaphores sont brisées. Les comparaisons sont obsolètes et insensées. C'est ça, le syndrome de la feuille blanche? C'est quand le langage échoue à permettre de s'exprimer? C'est quand le crayon dans ma main refuse de bouger, quand les feuilles se colorient toutes seules et que les couleurs mêmes m'échappent et n'en font qu'à leur tête?

    C'est quand le message ne veut plus passer?
    Et s'il n'y avait pas de message?

    Il me semble que le vide est concevable. Tout le monde peut se représenter le néant. Non?
    Au-delà de l'amour, de la joie, de la haine, de la violence, de la peine, de la peur, de la douleur, il ne reste plus que du rien. Le défi, c'était d'exprimer ce rien.
    Est-ce que le rien a une présence? Est-ce qu'on pourrait parler de syndrome de la feuille noire, pour exprimer une situation où il y a tant de choses que l'on souhaite dire, écrire, dessiner, exprimer, qu'au final tout s'embrouille et rien n'en ressort?

    Au final, sur le vide, il n'y a rien à dire. Je me sens vide quand je me sens écrasé sous le poids des choses à faire ou à dire, de ce que j'ai envie de faire ou de dire. De ce que j'ai besoin d'exprimer.

    Le vide est alors une réaction au plein. Trop de choses ne donnent rien. A travers trop de voix, on n'entend plus ce qu'elles veulent dire. Trop de couleurs s'emmêlent et perdent leur sens. Trop de lettres s'entassent et ne forment plus de mots. Trop de choses n'amènent qu'à une feuille entièrement noire à force d'avoir été couverte de trop de choses.

    C'est peut-être pour ça que je n'ai plus réussi à écrire. Il y avait trop de choses que je voulais faire, de telle sorte qu'au final, cela ne donna plus rien. Trop de choses à dire. Trop de choses à formuler. Trop de choses sur lesquelles mettre beaucoup trop de mots.

    Pour, au final, ne plus avoir devant moi qu'une feuille noire.

    Sur laquelle je pourrais peut-être écrire en blanc?


  • Commentaires

    1
    Mardi 20 Février à 22:47
    Je voulais mettre un commentaire pour montrer que j'avais lu, mais en fait, un peu comme le sujet de ce texte, je ne sais pas trop quoi dire.
    C'est bien écris, c'est indéniable. Mais je crois que je n'ai pas trop d'avis sur le sujet. Je ne me souviens pas avoir déjà eut le syndrome de la feuille blanche, si je me force à écrire, j'écris.
    Quant au vide… Oui, parfois moi aussi je ressens le vide, le vide d'être seule, de ne vouloir rien faire, juste dormir et encore dormir…
      • Mardi 20 Février à 22:57

        Merci d'avoir lu then 8)

        Bin moi quand je me force à écrire j'écris n'importe quoi, et comme ça ne me semble pas intéressant, j'écris rien au final... '^' c'est vraiment la première fois que j'arrive pas à mettre ce que je veux en mots, du coup au final j'ai fait autre chose.

        Dormir c'est pas déjà faire quelque chose? (attends je pars sur des conversations de dépressif là)

      • Mardi 20 Février à 23:14
        C'est vrai que parfois, en me forçant, je n'aime pas ce que j'écris, mais j'ai écris, je ne suis pas restée bloquée !
        Tu voulais écrire sur quoi ?

        Ba franchement, je sais pas. Ça t'ai jamais arrivé d'être sur ton lit et de te dire que tu ne veux vraiment rien faire ? Ou alors, t'es occupé à faire des choses que tu dois faire, mais tu penses qu'à ton lit depuis le moment où tu t'es levé, pas spécialement parce que t'es fatigué, juste parce que t'aimes dormir, t'aimes ton lit… (c'est dépressif de trop dormir ?)
      • Mardi 20 Février à 23:29

        Alors que moi je vais faire une fixette sur une phrase tant que j'ai pas trouvé la bonne formulation ..... c'est peut-être pas une bonne attitude mais ça m'énerve sinon........
        Bin, le vide. Mais je ne considère pas ce texte comme un texte sur le vide, donc dans un sens, on peut considérer cet article à la fois comme un échec et comme une réussite: j'ai écrit un truc, et au final pour moi ça répond à quelque chose, mais c'est pas ce que je voulais faire au départ.

        Ca m'est déjà arrivé d'avoir tellement la flemme de tout qu'au final j'ai même pas culpabilisé d'avoir rien fait, ou d'être en cours alors que je voulais rentrer chez moi et me plaindre (car c'est un de mes passe-temps favori sxD)
        (non, en fait c'est que j'avais commencé à écrire un truc qui, selon mon schéma de réflexion, risque d'aboutir à une thèse selon laquelle rien n'a de sens)

      • Mardi 20 Février à 23:48
        Ah ouais, nan, moi je suis plutot du genre à laisser la phrase de côté et d'y revenir à la réécriture, carrément!
        Ah ouais, je connais ça ! Parfois, on a un sujet en tête et le texte qu'on sort est bien différent, mais pas mal quand même. Cependant, ce n'est pas ce qu'on voulait voir écrit…

        Moi je culpabilise quand même… je sais pas pourquoi je culpabilise tellement de rien faire !!
        (Je crois que ce genre de thèse me ferait bien rire^^ D'un autre coté, si plus rien n'a de sens, qu'est ce qu'on fait sur cette Terre, hein ?)
      • Mercredi 21 Février à 00:10

        ... c'est plus logique, d'un côté.... *révélation*
        Ouais... c'est à la fois frustrant et satisfaisant '^'

        Parce qu'on vit dans une époque où faut toujours faire quelque chose, ne rien faire c'est mal vu et on porte le poids de la culpabilité de ne pas utiliser notre temps libre pour faire des choses constructives. J'ai une BD qui dit ça, et qui dit aussi qu'on a besoin de moments pour ne rien faire et qu'il ne faut pas culpabiliser quand on a la flemme de faire des trucs :3
        (Pourquoi ça te ferait rire? Bin... absolument rien, du coup. On est le fruit du hasard, du coup le sens de notre vie, si elle en a un, est à trouver dans notre propre subjectivité et dans les choses à quoi nous on donne du sens. Vouala~)

      • Vendredi 23 Février à 01:00

        Ouais, je fais la même chose avec mes exercices de physique d'ailleurs--''

        Ouais, c'est ça.

        Ca voudrait dire qu'on a le droit de vraiment rien faire ? Ce n'est pas une perte de temps ? J'essaye de m'imaginer une société où les être humain ne feraient vraiment rien pendant plusieurs heures, le monde serait totalement bloqué ! C'est presque inimaginable, en fait...

        (Ba une thèse qui prouve que rien n'a du sens... Dans un sens, elle s'annule elle même, non ? Tu trouves pas ça drôle toi ? 

        Si je comprends bien, le sens deviens subjectif ? Est-ce qui l'aurait toujours été ? Sérieusement, je me pose la question maintenant !)

    2
    Vendredi 23 Février à 10:03

    Bon, j'arrête de procrastiner et je lis ton article bowdel de mewde.

    Ca me rappelle qu'une fois, à l'école d'ingé, on devait faire un discours improvisé de cinq minutes, sans avoir été prévenu à l'avance qu'on allait le faire, sur le sujet de notre choix. Moi, comme sujet, j'ai choisi "rien". Curieusement, il y en a beaucoup à dire sur ce sujet et c'est assez complexe quand on y pense.

    D'un autre côté, je connais également cette sensation d'avoir trop de choses à dire qu'au final ça donne un gros fouillis.

    Bien content que tu sois revenu(e?), ça fait longtemps, au plaisir de te lire à nouveau !

      • Dimanche 25 Février à 21:14

        Tu peux procrastiner aussi. C'est pas mal.

        J'ai jamais eu ça, et nos profs organisent pas de débats, pourtant, je suis en philo, c'est le genre de trucs qu'on est censés faire non? En tout cas, j'aimerais bien, ça pourrait être sympa. Histoire de voir un peu à quoi les gens pensent.

        Sans e :3
        Merci ^w^

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